Il existe des milliers de modèles de mouches et, derrière chacun, un monteur qui y a passé du temps. C’est un monde sans fin, et c’est très bien comme ça. Mais si je ne devais en garder qu’un seul pour la Patagonie argentine, ce serait celui-là : la Chubby Chernobyl. Grosse, en mousse, avec ses pattes de caoutchouc qui frétillent à la dérive, elle ne ressemble à rien de précis — et c’est justement sa force. Les truites d’ici la prennent comme elles prendraient une grosse sauterelle tombée du talus.
Celle que je vous montre est montée par Bruno, un ami argentin, guide et instructeur, monteur d’un talent rare. Son travail est à voir sur MENDO FLIES. Ce sont ses mouches que j’ai dans ma boîte quand je pêche ici.
Le pas à pas de Bruno
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Ce n’est pas un tutoriel de plus. C’est le geste d’un monteur qui pêche avec ce qu’il monte, et ça se ressent au bord de l’eau.
Les mouches que j’emporte, et pourquoi
Pour le dorado, j’utilise aussi des streamers montés par Bruno : des modèles costauds, sur des hameçons extrêmement solides. Face à ce poisson, ce n’est pas un détail, c’est la condition pour ramener quelque chose.
Pour les truites et les ombres — en France comme dans beaucoup d’endroits du monde dès qu’il y a des salmonidés — je pêche avec les mouches de mon ami Youenn Le Fur, YL Flyfishing. Youenn est un très bon pêcheur, et il a la chance d’être en plus un monteur fantastique. J’ai pêché avec ses mouches un peu partout où j’ai eu la chance de voyager, et elles ne m’ont jamais déçu.
La qualité, ce n’est pas du luxe
Avoir de bonnes mouches en voyage compte pour deux raisons. La première est évidente : offrir au poisson ce qu’il mange vraiment, avec la bonne silhouette et les bonnes proportions. La seconde l’est moins, et c’est pourtant celle qui coûte cher quand on l’oublie : l’hameçon.
En Patagonie, on oublie le fin de fer. Vraiment. Il ne vous viendrait pas à l’esprit d’aller taquiner le marlin avec une canne à truite ? Eh bien c’est exactement pareil. Les chances de tomber sur un gros poisson sont réelles, et surtout les truites d’ici sont sauvages, en pleine santé, autrement plus puissantes que les nôtres. Une hampe qui s’ouvre au premier rush, c’est un souvenir qui s’en va.
Même logique pour le fil : je ne descends jamais en dessous du 14 centièmes ici. En France, sur les mêmes espèces, je pêche en 9 ou 10. L’écart dit tout.
Ce que je mets dans la boîte
Une sélection de sèches volumineuses en mousse — Chubby, Madame X, hopper, scarabée, fourmi — parce que la Patagonie est un pays de terrestres. Quelques nymphes lourdes pour tenir les courants puissants, et des streamers robustes pour le début et la fin de saison. Bien sûr pour l’été, des petites mouches type CDC, sedge et autres modèles plus « classiques » dans nos contrées. Ne pas oublier des petites nymphes pour la pêche à vue et quelques gammares. Le reste se complète sur place : Bruno prépare des kits pour ceux qui viennent, à condition de le prévoir à l’avance.


Questions fréquentes
- Quelle mouche choisir en priorité pour la Patagonie argentine ?
- Une grosse sèche en mousse type Chubby Chernobyl. La Patagonie est un pays de terrestres : ce modèle imite tout ce qui tombe à l’eau, sauterelle, coléoptère ou grosse fourmi.
- Pourquoi des hameçons forts de fer en Patagonie ?
- Les truites y sont sauvages, en pleine santé et bien plus puissantes qu’en France, avec de vraies chances de gros poissons. Un hameçon fin de fer s’ouvre au premier rush.
- Quel diamètre de fil utiliser ?
- Très rarement en dessous du 14 centièmes en Patagonie. En France, sur truite et ombre, 9 à 10 centièmes suffisent parfois : l’écart dit tout.
- Faut-il monter ses mouches soi-même ?
- Pas nécessairement. Ce qui compte, c’est la qualité : bonnes proportions, bons matériaux, bons hameçons. Des monteurs artisanaux comme Bruno (MENDO FLIES) ou Youenn Le Fur (YL Flyfishing) font un travail qui se retrouve au bord de l’eau.
- Peut-on se procurer des mouches sur place ?
- Oui, un kit peut être préparé sur place, mais il faut le demander à l’avance pour qu’il soit monté. Il est possible de commander plus que le kit.
Pour aller plus loin : le sac se prépare avec le matériel indispensable pour la Patagonie, les dates se choisissent dans la meilleure période pour pêcher en Patagonie, et le décor se découvre dans Un Nord Neuquén que personne ne pêche. Quand ton projet se précise, on en parle sur la page voyage de pêche à la mouche en Patagonie argentine.

