C’est la question qui revient dans presque tous les messages avant un départ : qu’est-ce que je mets dans le sac ? Après des années à pêcher les rivières du Nord de la Patagonie argentine, voilà la liste que j’envoie aux pêcheurs qui partent avec moi. Elle n’est pas exhaustive, chacun l’adapte à son confort, mais elle évite les deux erreurs classiques : partir trop chargé, et découvrir sur place qu’il manque l’essentiel. Là-bas, les zones sont reculées et trouver du matériel peut s’avérer compliqué, voire impossible.
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Les cannes
La canne polyvalente pour cette destination est une 10 pieds soie 4/5, ou une 9’4 à 9’9 dans les mêmes puissances. Elle permet le tout en un : sèche, nymphe au fil, nymphe à vue, petit streamer. Les spécialistes de la nymphe au fil peuvent monter une 10’4 à 11 pieds soie 3/4, redoutable sur les rivières moyennes, mais parfois juste sur les grands courants face à de gros poissons. Une 8’6 ou 9 pieds soie 4/5 rend de beaux services sur les secteurs d’eau claire, en sèche ou à vue. Et pour ceux qui aiment le streamer, une 9’6 ou 10 pieds soie 6 encaisse les rivières puissantes ; les amateurs de spey peuvent glisser une trout spey de 10’6 à 12 pieds soie 3/4 ou 4/5 pour peigner les grands parcours. Dans tous les cas, prévoyez une canne de rechange. Une casse à dix heures de route du premier magasin, ça ne se rattrape pas.

Moulinets, soies et bas de ligne
Un moulinet pour la canne polyvalente en 5/6 avec une soie flottante suffit à couvrir la majorité des situations ; des polyleaders évitent d’emporter plusieurs soies. Le point qui ne se négocie pas : un bon frein. Pour la nymphe au fil, prévoyez un moulinet dédié garni d’un nylon de couleur bien visible en 20 ou 25 centièmes. Côté fils, du 14 au 20 centièmes couvre l’essentiel, avec du fluorocarbone de 20 à 27 pour le streamer. Emportez plusieurs bas de ligne de rechange : des 9 pieds finissant en 18 ou 20 centièmes conviennent à la plupart des rivières.
Les mouches
Bonne nouvelle : votre boîte de sèches européennes fonctionne très bien en Argentine. Les grands classiques suffisent, en un ou deux exemplaires de chaque : grise à corps jaune, montages avancés, sedges, fourmis, parachutes. Ajoutez-y les incontournables locales, plus volumineuses, montées sur foam ou chevreuil avec des pattes en silicone : Chubby Chernobyl, PMX, Royal Wulff, Adams parachute, criquets et sauterelles. En nymphe, vos perdigones et nymphes poilues habituelles font l’affaire, avec des billes tungstène de 2,5 à 4,5 : certaines rivières poussent fort, il faut de quoi descendre. Complétez avec quelques worms, prince et stonefly. Au streamer, des montages marabout et lapin sur hameçons tige longue du 8 au 2, non lestés, avec une petite boîte de plombs pour les faire évoluer près du fond dans les courants rapides. Pour ceux qui préfèrent l’indicateur à la nymphe au fil, le kit New Zealand avec un yarn bien visible fait parfaitement le travail. Et si vous ne voulez pas y penser, un kit de mouches sélectionnées par l’équipe locale peut être préparé avant votre arrivée, il suffit de me le demander en amont.

Vêtements : le vent, le soleil, et tout le reste
En Patagonie, les rayons UV sont extrêmement puissants et le vent est presque toujours de la partie. La règle, c’est la polyvalence : chemises manches longues anti-UV, pantalon stretch à séchage rapide, casquette avec couvre-nuque, tour de cou, veste imperméable et coupe-vent, sous-vêtements chauds pour le wading des heures fraîches. Pour les bivouacs, des vêtements thermiques de rechange font la différence entre une bonne et une mauvaise nuit.
Waders et accessoires
Waders et chaussures de wading à semelles caoutchouc, éventuellement cloutées : le feutre est strictement interdit en Argentine. La végétation est hostile et pleine d’épines. Il y a deux écoles, un très bon waders de qualité et très résistant, ou alors un waders premier prix sacrifiable éventuellement. Les jours chauds, des chaussons néoprène avec les chaussures de wading et un pantalon de marche à séchage rapide suffisent. Ajoutez des lunettes polarisantes de catégorie 3 ou 4, un gilet ou chest pack avec de la place pour l’eau, une gourde filtrante, un sac étanche, de la crème solaire et du répulsif si vous êtes sensible aux piqures, mais la Patagonie n’a pas beaucoup de moustiques. Un seul sac de voyage par pêcheur et un sac à dos : dans les transferts, tout le monde vous remerciera.

Questions fréquentes
- Quelle canne emporter si je n’en prends qu’une ?
- Une 10 pieds soie 4/5. C’est “la canne à tout faire” de ce voyage de pêche : sèche, nymphe au fil, nymphe à vue et petit streamer.
- Peut-on acheter des mouches sur place ?
- En partie, selon les stocks. Le plus sûr reste de partir avec vos boîtes et, si besoin, de me demander un kit de mouches monté par l’équipe locale avant le départ.
Cette liste accompagne les pêcheurs qui partent avec moi en voyage de pêche à la mouche en Patagonie argentine. Pour Jurassic Lake, le matériel diffère sensiblement, cannes plus lourdes en tête : tout est détaillé sur la page dédiée. Une question sur votre équipement avant de réserver ? Écrivez-moi.