Le matériel pour les grosses truites de Jurassic Lake
Au bord du lac Strobel, la question n’est pas de savoir si vous allez toucher un gros poisson. C’est de savoir si votre matériel va tenir quand il sera au bout de la ligne. Les arcs-en-ciel de Jurassic Lake dépassent régulièrement les cinq kilos, le vent souffle sans prévenir, et le premier maillon faible du sac se paie comptant. Voici ce que je prépare avec mes pêcheurs avant chaque séjour, à partir des recommandations du lodge et de ce que j’ai vu tenir, ou casser, sur place.


Deux cannes, pas une
La configuration de base tient en deux cannes. Pour les sections moyennes et hautes du río Barrancoso, une 4-5 soie flottante suffit : les poissons y remontent du lac et se pêchent court, parfois en sèche, dans très peu d’eau. Prenez un moulinet large arbor avec du backing, des bas de ligne de 9 pieds en 0X à 2X, et des pointes de 0X à 3X.
Pour le lac et la partie basse de la rivière, passez sur une 7-8 : soie flottante WF, une intermédiaire et une pointe plongeante pour couvrir toutes les couches d’eau, et un large arbor garni de 100 à 150 mètres de backing de 30 livres. Ce n’est pas du luxe. Un arc-en-ciel du Strobel qui prend le large ne s’arrête pas par politesse.

La canne à deux mains, l’arme contre le vent
Le vent fait partie du décor, au point qu’une canne à deux mains en 7-8 change les journées difficiles : ligne scandi, pointes plongeantes, bas de ligne de 9 pieds en 0X ou 1X. Quand les rafales interdisent le lancer classique, le spey continue de poser proprement. Si vous hésitez encore à vous y mettre, c’est le voyage qui justifie l’apprentissage.


Waders et chaussures : la règle du feutre
Des waders respirants légers font l’affaire. En revanche, une règle absolue sur ces eaux : pas de semelles en feutre. Le lac et la rivière sont indemnes de didymo, et le lodge nettoie l’ensemble des waders et chaussures à l’arrivée pour qu’ils le restent. Prévoyez des semelles caoutchouc, et arrivez avec du matériel propre et sec.

Les mouches : des hameçons qui ne plient pas
On pêche le Strobel avec des mouches de truite classiques, simplement plus grandes que d’habitude, et surtout montées sur des hameçons costauds. Les hameçons bas de gamme s’ouvrent, c’est aussi simple que ça.
En sèche : Humpy rouge ou chartreuse en 10, Wulff Irresistible blanche en 10, Goddard Caddis en 10, scarabées noirs en 12 sur hameçon fort, sauterelles et chubbys à pattes caoutchouc en 10, et quelques midges noirs en 14 pour les moments calmes.
Sous la surface : des nymphes lourdes avant tout. Prince à pattes caoutchouc en 12, scuds orange, rose, perle ou tan en 10, San Juan Worm en 12, Hare’s Ear à pattes caoutchouc en 12, toutes sur hameçons renforcés.
En streamer : balanced leech noir, olive, chartreuse ou claret en 6, Wooly Bugger noir et paon en 10, Yellow Yummy en 8, Buoface noir, olive ou violet en 6.
Un point de règlement à connaître : les billes et montages à œufs sont interdits sur ces eaux. Et si vous préférez arriver léger, le lodge dispose d’un fly shop avec des modèles locaux montés par les guides ; demandez-moi de vous réserver un kit de 24 à 48 mouches avant le départ.

S’habiller pour le Strobel
Le plateau du Strobel se mérite : soleil dur en altitude, vent, écarts de température dans la même journée. La réponse tient en trois couches : une première respirante, une polaire ou doudoune, et une veste imperméable et coupe-vent par-dessus. Ajoutez casquette et bonnet, tour de cou, gants légers pour les matins froids, lunettes polarisantes pour repérer les poissons dans les vagues, et une crème solaire sérieuse : à cette altitude, sous ce ciel, le soleil ne pardonne pas plus que les truites.


Questions fréquentes
- Une seule canne, laquelle ?
- La 7-8 avec une soie flottante et une intermédiaire. Elle couvre le lac, la baie et la partie basse de la rivière, là où se prennent les plus gros poissons.
- Les semelles en feutre sont-elles vraiment interdites ?
- Oui. Les eaux du Strobel sont indemnes de didymo et le lodge veut qu’elles le restent. Semelles caoutchouc uniquement, et matériel propre à l’arrivée.
- Peut-on acheter des mouches sur place ?
- Oui, le fly shop du lodge propose notamment des modèles locaux montés par les guides, introuvables en magasin. Le plus simple est de me demander un kit réservé avant votre arrivée.
Cette liste complète la préparation du voyage de pêche à Jurassic Lake. Pour le reste du sac côté Patagonie, la liste du matériel pour la Patagonie reste valable. Et pour un kit de mouches réservé ou une canne de rechange, écrivez-moi avant le départ.


Matériel : l’indispensable pour la pêche du dorado à la mouche
Le dorado ne se pêche pas comme une truite, et le sac ne se prépare pas non plus de la même façon. C’est la première chose que je dis aux pêcheurs qui viennent avec moi dans le Nord argentin : on part chercher un poisson qui broie l’acier, la finesse attendra. Voici ce que j’emporte, et surtout ce qui change d’une rivière à l’autre, parce que le dorado du Paraná et celui des eaux claires de Corrientes ne demandent pas tout à fait le même matériel.

Un matériel qui dépend de l’eau
Avant de parler cannes et mouches, il faut comprendre une chose : « le dorado » recouvre plusieurs pêches très différentes. Sur le Paraná et ses bras immenses, on cherche de gros poissons dans beaucoup d’eau, souvent au streamer plongeant, avec du matériel taillé pour la puissance. Dans la province de Corrientes, sur le río Corriente aux eaux étonnamment claires, la pêche devient plus visuelle, parfois à vue, et l’on peut alléger un peu. Plus au nord encore, dans les petites rivières de Salta comme le río Dorado, on marche, on lance court, on cherche des poissons plus modestes dans un décor de montagne au milieu de la jungle. Le sac s’adapte à chacune de ces eaux.

Les cannes
La canne à tout faire du dorado, c’est une 9 pieds soie 8, action rapide. Elle lance les gros streamers dans le vent, encaisse les départs et permet de brider un poisson qui fonce vers le bois mort. Pour le Paraná et ses grosses pièces, une soie 9 rend service les jours de vent ou quand les mouches deviennent volumineuses. À l’inverse, sur les eaux claires de Corrientes où l’on pêche parfois à vue, une 7 ou 8 bien nerveuse suffit et gagne en plaisir. Pour les eaux claires du Rio Dorado, on prévoit une 6, peut-être 7 mais on modifie les bas de ligne, il faut un peu plus de discrétion. Prévoyez toujours une canne de rechange : une casse au bord du Paraná, à des heures du premier magasin, ça ne se rattrape pas.

Moulinets, soies et backing
Le moulinet compte ici plus qu’en truite. Il faut une grosse bobine, un frein très puissant et bien étanche, et une vraie réserve de backing : un dorado emmène la soie et monte dans les tours sans prévenir. Côté soies, une flottante tropicale à profil agressif couvre l’essentiel, surtout en eau claire et en surface ; elle porte les grosses mouches sans forcer. Pour aller chercher les poissons profonds du Paraná, ajoutez une soie à pointe plongeante de 300 à 350 grains. Les jours de forte chaleur, les soies classiques deviennent molles : les versions tropicales gardent leur tenue.

Bas de ligne : l’acier n’est pas une option
C’est le point que personne ne néglige deux fois. Le dorado a une mâchoire de rasoir qui tranche le nylon comme du fil à coudre. On termine donc toujours par un bas de ligne de choc en acier souple de 20 à 45 livres, ou en gros fluorocarbone quand les poissons se montrent méfiants en eau très claire. Le corps du bas de ligne reste en nylon ou fluoro de 30 à 40 livres, court et costaud, pour tourner les mouches lourdes. Des perfect loop à chaque morceau et du boucle dans boucle pour les attacher entre eux, ce n’est pas fin mais ça sert de fusible en cas d’accroche. Emportez de quoi refaire vos bas de ligne plusieurs fois : on en laisse dans les poissons et dans le bois. Pour attacher les mouches on utilise soit des grosses agrafes à streamers, soit un nœud sur la pointe d’acier

Les mouches
Le dorado attaque par colère autant que par faim, et il aime les grosses bouchées. La base, ce sont les streamers type Andino deceiver, montés sur hameçons mer solides du 1/0 au 3/0, de cinq à quinze centimètres, en noir ou dans les tons feu et jaune qui flambent dans l’eau teintée. Des streamers noir et rouge, noir et violet avec de la matière et de la vibration sont un réel plus. Généralement on les utilises sans poids, c’est la soie qui fait plonger. Ajoutez quelques poppers, grosses bestiole type Thcerno en foam avec des pattes et imitations de souris pour la surface : une attaque de dorado sur une souris, ça ne s’oublie pas. En eau claire, des montages plus sobres et un peu plus petits passent mieux sur les poissons vus. Prévoyez large, on en perd beaucoup. Et si vous préférez ne pas y penser, l’équipe locale prépare une boîte adaptée à la saison, il suffit de me le demander avant le départ.

Vêtements et accessoires
Dans le Nord argentin, la chaleur et le soleil dictent la panoplie : chemise manches longues anti-UV, casquette à couvre-nuque, tour de cou, et des lunettes polarisantes que je considère indispensables pour repérer les poissons et lire les structures. Une bonne pince à becs longs pour décrocher sans s’approcher de cette dentition, faire les nœuds et couper le fil de gros diamètre et bas de ligne d’acier, un outil qui compte plus qu’on ne croit. Crème solaire, gourde, sac étanche pour le bateau ou sac à dos pour rando, et de quoi se protéger des moustiques dans les zones humides des Esteros del Iberá ou la jungle. Une valise et un seul sac à dos par pêcheur : dans les transferts, tout le monde vous remerciera.
Questions fréquentes
- Quelle canne si je n’en prends qu’une ?
- Une 9 ou 10 pieds soie 8, action rapide. Elle couvre le Paraná comme les eaux claires de Corrientes, du streamer plongeant à la pêche de surface.
- Le bas de ligne en acier est-il vraiment obligatoire ?
- Oui. Sans lui, vous perdrez le poisson de votre voyage sur une coupe nette. C’est le seul point du sac qui ne se discute pas.
- Peut-on acheter des mouches sur place ?
- En partie, selon les stocks. Le plus sûr reste de partir avec vos boîtes, ou de me demander un kit monté par l’équipe locale avant le départ.
Cette liste accompagne les pêcheurs qui partent avec moi chercher le dorado dans la province de Corrientes. Le voyage, les eaux et les formules sont détaillés sur la page du voyage de pêche du dorado à la mouche en Argentine. Et si vous hésitez encore entre le dorado du Nord et les truites de Patagonie, les deux se combinent très bien : écrivez-moi, on en parle.
Matériel : l’indispensable pour pêcher à la mouche en Patagonie
C’est la question qui revient dans presque tous les messages avant un départ : qu’est-ce que je mets dans le sac ? Après des années à pêcher les rivières du Nord de la Patagonie argentine, voilà la liste que j’envoie aux pêcheurs qui partent avec moi. Elle n’est pas exhaustive, chacun l’adapte à son confort, mais elle évite les deux erreurs classiques : partir trop chargé, et découvrir sur place qu’il manque l’essentiel. Là-bas, les zones sont reculées et trouver du matériel peut s’avérer compliqué, voire impossible.
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Les cannes
La canne polyvalente pour cette destination est une 10 pieds soie 4/5. Personnellement je suis principalement équipé en canne Angefly Stratège, et la 10′ soie de 5 est celle que j’utilise le plus pour les pêche à la soie. Elle permet le tout en un : sèche, nymphe au fil pour dépanner, nymphe à vue, petit streamer. Les spécialistes de la nymphe au fil peuvent prendre une plus de 10’ (j’utilises personnellement une Angefly Stratège 11 pieds soie 3/4), redoutable sur les rivières moyennes, mais parfois juste sur les grands courants face à de gros poissons. Une 8’6 ou 9 pieds soie 4/5 rend de beaux services sur les secteurs d’eau claire, en sèche ou à vue. Et pour ceux qui aiment le streamer, une 9’6 ou 10 pieds soie 6 encaisse les rivières puissantes ; les amateurs de spey peuvent glisser une trout spey de 10’6 à 12 pieds soie 3/4 ou 4/5 pour peigner les grands parcours. Dans tous les cas, prévoyez une canne de rechange. Une casse à dix heures de route du premier magasin, ça ne se rattrape pas.

Moulinets, soies et bas de ligne
Un moulinet pour la canne polyvalente en 5/6 avec une soie flottante suffit à couvrir la majorité des situations ; des polyleaders évitent d’emporter plusieurs soies. Le point qui ne se négocie pas : un bon frein. Pour la nymphe au fil, prévoyez un moulinet dédié garni d’un nylon de couleur bien visible en 20 ou 25 centièmes. Côté fils, du 14 au 20 centièmes couvre l’essentiel, avec du fluorocarbone de 20 à 27 pour le streamer. Emportez plusieurs bas de ligne de rechange : des 9 pieds finissant en 18 ou 20 centièmes conviennent à la plupart des rivières.
Les mouches
Bonne nouvelle : votre boîte de sèches européennes fonctionne très bien en Argentine. Les grands classiques suffisent, en un ou deux exemplaires de chaque : grise à corps jaune, montages avancés, sedges, fourmis, parachutes. Ajoutez-y les valeurs sûres locales, plus volumineuses, montées sur foam ou chevreuil avec des pattes en silicone : Chubby Chernobyl, PMX, Royal Wulff, Adams parachute, criquets et sauterelles. En nymphe, vos perdigones et nymphes poilues habituelles font l’affaire, avec des billes tungstène de 2,5 à 4,5 : certaines rivières poussent fort, il faut de quoi descendre. Complétez avec quelques worms, prince et stonefly. Au streamer, des montages marabout et lapin sur hameçons tige longue du 8 au 2, non lestés, avec une petite boîte de plombs pour les faire évoluer près du fond dans les courants rapides. Pour ceux qui préfèrent l’indicateur à la nymphe au fil, le kit New Zealand avec un yarn bien visible fait parfaitement le travail, il a l’avantage d’être utilisable avec une soie pour pêcher loin lorsque le vent est présent. Et si vous ne voulez pas y penser, un kit de mouches sélectionnées par l’équipe locale peut être préparé avant votre arrivée, il suffit de me le demander en amont.

Vêtements : le vent, le soleil, et tout le reste
En Patagonie, les rayons UV sont extrêmement puissants et le vent est presque toujours de la partie. La règle, c’est la polyvalence : chemises manches longues anti-UV, pantalon stretch à séchage rapide, casquette avec couvre-nuque, tour de cou, veste imperméable et coupe-vent, sous-vêtements chauds pour le wading des heures fraîches. Pour les bivouacs, des vêtements thermiques de rechange font la différence entre une bonne et une mauvaise nuit. Un sac à dos étanche est un vrai plus en cas de chute où d’averse. On y met la gourde, une veste légère pour la pluie et tout ce que l’on juge nécessaire d’emporter. Cependant attention de ne pas se surcharger pour la marche.
Waders et accessoires
Waders et chaussures de wading à semelles caoutchouc, éventuellement cloutées : le feutre est strictement interdit en Argentine. La végétation est hostile et pleine d’épines. Il y a deux écoles, un très bon waders de qualité et très résistant, ou alors un waders premier prix sacrifiable éventuellement. Les jours chauds, des chaussons néoprène avec les chaussures de wading et un pantalon de marche à séchage rapide suffisent. Ajoutez des lunettes polarisantes de catégorie 3 ou 4, un gilet ou chest pack avec de la place pour l’eau, une gourde filtrante, un sac étanche, de la crème solaire et du répulsif si vous êtes sensible aux piqures, mais la Patagonie n’a pas beaucoup de moustiques. Un seul sac de voyage par pêcheur et un sac à dos : dans les transferts, tout le monde vous remerciera.

Questions fréquentes
- Quelle canne emporter si je n’en prends qu’une ?
- Une 10 pieds soie 4/5. C’est “la canne à tout faire” de ce voyage de pêche : sèche, nymphe au fil, nymphe à vue et petit streamer.
- Peut-on acheter des mouches sur place ?
- En partie, selon les stocks. Le plus sûr reste de partir avec vos boîtes et, si besoin, de me demander un kit de mouches monté par l’équipe locale avant le départ.
Cette liste accompagne les pêcheurs qui partent avec moi en voyage de pêche à la mouche en Patagonie argentine. Pour Jurassic Lake, le matériel diffère sensiblement, cannes plus lourdes en tête : tout est détaillé sur la page dédiée. Une question sur votre équipement avant de réserver ? Écrivez-moi.